32.

Expédition

L’aube teintait l’est d’une frange de lumière crue.

À l’opposé, la forêt qui bordait l’île Carmichael du côté du pont était encore une vaste étendue obscure, impénétrable.

Matt était enveloppé dans son pull et son manteau favoris. Il avait longuement hésité à prendre son épée, que Doug se rende compte qu’il n’avait pas saisi toutes les armes de l’île, pour finalement se dire qu’elle était devenue son extension là-dehors, la gardienne de son intégrité. Un ange protecteur au double visage : rassurant dans le brillant de sa lame au fourreau, cauchemardesque lorsque celle-ci se teintait de rouge et de souffrance. Matt ne pouvait le nier : manier son épée était euphorisant maintenant qu’elle ne pesait plus une tonne au bout de ses bras, sa poignée massive coincée dans ses paumes le renvoyait à un sentiment de puissance, et, en même temps, le tranchant de son acier lui faisait peur. Car il avait beau se répéter que c’était l’arme qui était dangereuse, il ne pouvait oublier que chaque fois, c’était lui, Matt, qui l’avait tenue. L’épée n’avait aucune personnalité, aucune âme propre, elle n’était que le prolongement agressif et létal de sa propre volonté. Lui qui s’était rêvé héros intrépide et impitoyable envers ses ennemis réalisait que jamais son imaginaire ne l’avait préparé à cette violence. Souvent il se remémorait le bruit horrible qu’avait provoqué la lame en s’enfonçant dans le corps du Glouton.

En ce petit matin, l’île dormait encore. Les huit compagnons de route étaient rassemblés devant le pont, et Plume était harnachée d’une sangle reliée à une carriole de la taille d’une table de billard, montée sur quatre grandes roues tout-terrain. Il sembla à Matt que la chienne avait encore grandi, elle devait bien peser dans les quatre-vingt-dix kilos à présent ! Était-ce une impression ou continuait-elle de se développer ? Jusqu’où pouvait-elle aller ainsi ? Tobias portait son arc sur l’épaule. Doug et sa bande n’avaient pu saisir les arcs, trop de Pans s’entraînaient régulièrement dans l’espoir d’aller à la chasse pour manger de la viande, cela ne serait pas passé inaperçu et il n’aurait jamais pu l’expliquer sans éveiller les soupçons. Côté défense de l’expédition, Doug avait confié une hache à Sergio, une masse d’arme à Arthur et Travis et un long couteau à Gwen.

On donna à chacun un gros sac à dos vide, pour porter les victuailles au retour, et la vigie du pont — Calvin, le garçon noir que Matt aimait bien  – les salua tandis qu’ils mettaient la passerelle de tôle en place pour traverser.

Ambre se rapprocha de Matt.

— Bien dormi ?

— Ça peut aller.

Sans qu’il sache vraiment pourquoi, Matt n’avait pas envie de parler des chauves-souris  – il se dit qu’il ne souhaitait pas inquiéter ses amis inutilement.

— Moi je me suis entraînée jusque tard hier soir, confia Ambre. Je n’arrive toujours pas à faire bouger ne serait-ce qu’un crayon à papier ! Ça m’exaspère !

— Il faut être patiente.

— Je sais, je sais, mais je voudrais tellement y parvenir !

— Tu sais combien de temps on va mettre pour atteindre la ville ?

— Environ quatre heures si on ne traîne pas, plus les pauses. Ensuite on s’accorde une heure pour souffler et manger, trois heures pour faire le plein et, le temps de rentrer, on devrait être là avant le crépuscule.

— Pourquoi ne sort-on jamais la nuit ? On aurait plus de chance d’éviter les Gloutons, non ? Ils ne voient toujours pas dans le noir à ce que je suppose ?

— Non, je ne crois pas. Si on ne sort pas la nuit c’est que c’est plus dangereux. De nombreux prédateurs ne chassent qu’une fois le soleil couché. La faune a beaucoup changé depuis la Tempête. L’impulsion n’a pas rendu que les Gloutons fous, bon nombre d’espèces animales sont redevenues agressives. Tous les chiens, par exemple, à l’exception de Plume, forment des bandes et sont impitoyables. Des Pans se sont fait dévorer à ce qu’on raconte. Ils ont retrouvé leurs instincts puissance dix ! Pire que des loups, car ces chiens-là n’ont pas du tout peur de nous.

Tobias vint se joindre à la conversation :

— Un Long Marcheur a rapporté une fois qu’il existe des toiles d’araignées de la dimension d’un terrain de football, voire plus ! Dedans vivraient des milliers de ces bestioles horribles, et on dit qu’elles se jettent sur n’importe quelle proie, même humaine, pour lui infliger des milliers de morsures qui auraient le même effet que sur une mouche. Elles t’injectent tellement de venin que l’intérieur de ton corps devient liquide avant qu’elles n’aspirent toutes en même temps pour te vider pendant que tu es encore vivant !

— Beurk ! grimaça Ambre. J’aime à croire que c’est juste une légende, rien de réel !

— Tobias t’a parlé de l’étrange créature qu’on a croisée un soir avant d’arriver sur l’île ? s’enquit Matt.

Ambre fit signe qu’elle n’était pas au courant.

— Oh, oui ! s’exclama Tobias avant d’enchaîner à toute vitesse : C’était flippant ! Un Rôdeur nocturne.

— Vous avez affronté un Rôdeur nocturne ! répéta Ambre, estomaquée.

— On aurait dit un monstre, un vrai, comme dans les films d’horreur ; ce machin se tenait dans les branches, grand comme un homme, il nous reniflait et s’apprêtait à nous sauter dessus  – et je crois qu’il nous aurait massacrés sans peine ! – lorsque la petite Plume a débarqué et nous a sauvé la mise !

— Petite, petite, faut le dire vite ! railla Ambre.

Tandis que la procession s’enfonçait dans la forêt, Matt observa Plume qui tractait sa remorque d’une démarche chaloupée.

— Je me demande pourquoi elle est comme ça, dit-il. Je veux dire : pas sauvage et intelligente.

— Tu sais, dit Ambre, je pense que beaucoup de questions risquent de rester sans réponse, je crains qu’il faille l’accepter.

— Sûrement. C’est comme tous ces scarabées qu’on a vus sur l’autoroute avec Tobias. Il t’a raconté ? Des millions de…

— Des Scararmées, l’interrompit Ambre. C’est le nom que les Pans leur ont donné. Tu sais, la plupart d’entre nous les ont vus. Les vestiges de nos autoroutes en étaient infestés. Il paraît qu’ils sont toujours là. Autrefois ils allaient tous vers le sud, désormais ils circulent selon une immense boucle qui descend et remonte dans tout le pays. Quand ils vont au sud ils produisent une lumière rouge avec leur ventre, quand ils vont au nord elle est bleue. Ils semblaient un peu désorganisés au début mais maintenant c’est toujours comme ça.

— Sait-on ce qu’ils font ?

— Non, les Longs Marcheurs aimeraient étudier cette migration, on est à peu près certains qu’elle n’est pas due au hasard, mais ça n’a pas été fait. Il faut du temps. Les Pans sont seulement en train de s’organiser.

— C’est vrai, ça fait seulement six mois… dire que j’en ai passé cinq à dormir !

Ils marchaient. Et au fur et à mesure que le soleil se levait dans leur dos, ses rayons déliant la nature, celle-ci retrouvait tout son panache, l’éclat de son vert émeraude.

Après plus d’une heure et demie, Doug, qui ouvrait la marche en compagnie du grand Sergio, décréta qu’il fallait faire une pause. On se désaltéra, Matt prenant soin de verser un peu d’eau dans une gamelle à Plume qui eut bientôt les babines dégoulinantes. Quelques carrés de chocolat chacun et on repartit d’un bon rythme.

Matt fut surpris par la cacophonie qui résonnait dans la forêt. Des dizaines d’espèces d’oiseaux s’interpellaient dans un babil bruyant, sans aucune gêne vis-à-vis de ces humains qui passaient par là. Des roucoulements comme Matt n’en avait jamais entendus, des pépiements en rafales, aux sonorités musicales, et d’interminables stridulations montantes et descendantes. Les oiseaux qu’il parvenait à apercevoir étaient souvent classiques : piverts, corbeaux ou mésanges ; et parfois étranges comme cette espèce d’une blancheur argentée, à ailes jaunes, brillantes comme de l’or, et à la tête surmontée d’un panache bleu clair. Lorsqu’il s’envola, il dévoila le dessous de ses ailes d’un rouge éclatant.

Personne ne parlait, ou rarement, à l’exception de Gwen et Ambre qui discutaient à voix basse. Les autres préféraient se concentrer sur la cadence, tout en prêtant attention à leur environnement. Matt accéléra pour arriver au niveau de Travis.

— On voit des serpents, ici ? demanda-t-il.

Le rouquin répondit avec un accent prononcé, il devait venir des campagnes du Middle-East, devina Matt.

— Les serpents, je sais pas, mais les scorpents ça c’est le pire !

— Les scorpents ? C’est quoi ?

— Comme une grosse vipère sauf que sa peau est constituée d’un assemblage de carapaces assez rigides, comme la queue d’un scorpion, avec le même dard que les scorpions à l’extrémité. Mais comme elle fait en général un mètre de long, je te laisse imaginer la taille du dard !

— Dangereux en cas de piqûre ?

— T’en fais pas, si un scorpent te pique, le temps que tu le réalises tu seras déjà mort, plaisanta Travis.

Matt ne le trouva pas drôle et il passa le reste de la randonnée à se taire. Ils firent une autre halte plus tard et les premiers signes d’urbanisme, ou plutôt de ce qu’il en restait, se manifestèrent peu après midi, par un véritable mur de lianes. Ce qui avait été autrefois la façade d’un immeuble de six étages n’était plus qu’une paroi couverte de feuilles et de racines. Impossible d’y distinguer un centimètre de béton, une porte ou même une fenêtre. Il en allait de même avec tout ce qui restait de la civilisation : une ruine recouverte par la végétation telle une seconde peau. Des tiges vertes tendues d’un toit à l’autre comme s’il s’agissait de fil d’araignée, rampaient sur les câbles électriques, engloutissant ce qui avait été des feux tricolores suspendus, un complexe maillage s’était tissé afin de napper la ville tout entière d’un filet de camouflage naturel. La lumière y filtrait difficilement, si bien qu’une pénombre fraîche stagnait dans les avenues pleines de fougères et de ronces.

— Ouah ! laissa échapper Matt. Jamais je n’aurais cru voir ça de ma vie ! Tout a complètement disparu sous la nature ! On se croirait dans une jungle !

— Une jungle avec des perceptives géométriques, corrigea Ambre toujours très scientifique.

Au détour d’un carrefour, le groupe se trouva soudainement face à une cascade de lianes. Doug les écarta et ils passèrent de l’autre côté, sous le toit d’une station-service. Matt remarqua aussitôt les pompes noircies et atrophiées. Il eut l’impression qu’elles avaient fondu. Le sol était tapissé d’une épaisse mousse brune et verte.

— On va s’arrêter ici pour manger et ensuite on se séparera par groupes de deux, indiqua Doug.

Ils avalèrent des sandwiches en allongeant leurs jambes lourdes et très vite la curiosité des environs les remit sur pied. Tobias regarda ses deux comparses un instant et leur annonça :

— Je vous laisse tous les deux, je vais me mettre avec Travis, c’est un gars solide !

Matt acquiesça mollement, un peu gêné. Il aperçut Doug qui proposait à Arthur de venir avec lui. Comme par hasard ! songea-t-il. Si vous voulez faire un sale coup, au moins vous êtes peinards, entre traîtres !

Gwen s’approcha pour se mettre avec Ambre mais elle s’arrêta en la voyant en compagnie de Matt. Elle eut un sourire espiègle et se résigna à faire équipe avec le grand et costaud Sergio.

Doug rappela à tous les consignes de sécurité :

— Personne ne s’éloigne, si vous estimez que vous ne pourrez pas retrouver le chemin de la station-service, vous vous arrêtez et vous soufflez là-dedans, on viendra vous chercher.

Il distribua alors un sifflet à chaque paire de ravitailleurs.

— Servez-vous-en seulement si vous êtes certains d’être perdus. Parce que ça risque de ne pas attirer que nous ! Soyez vigilants, soyez discrets, ne criez pas, contentez-vous de remplir vos sacs de nourriture. Vérifiez bien les dates de consommation, les boîtes de conserve c’est bon, mais tous les produits facilement périssables on ne prend pas. Allumettes et briquets sont les bienvenus. J’ai distribué la liste des vêtements à Gwen, c’est elle et Sergio qui s’en chargent. Je sais où se trouve la pharmacie alors je m’en occupe. On se retrouve ici dans deux heures pour ensuite passer par le supermarché et remplir ensemble la carriole de Plume.

Tous approuvèrent et ils s’élancèrent dans des directions différentes. Matt désigna Plume à Ambre :

— Elle reste ici toute seule ?

— Oui, c’est plus sûr. Ne t’en fais pas, c’est une chienne particulière, rappelle-toi. Il ne lui arrivera rien.

Matt eut du mal à abandonner son compagnon à pattes mais, sur l’insistance d’Ambre, il quitta le rideau protecteur de la station.

Les rues qu’ils empruntèrent n’avaient de ville que le souvenir, tant on ne reconnaissait plus rien. Matt et Ambre marchaient chacun d’un côté pour scruter l’intérieur de ce qui avait été des magasins. Les vitrines étaient recouvertes de feuilles et les enseignes ne servaient plus que de tuteurs horizontaux voire de nids. Un oiseau s’approcha tout près d’eux et Matt le remarqua car il ne semblait pas effrayé, plutôt curieux même. Après cinquante mètres, Matt s’étonna qu’il soit encore là, à voler au-dessus d’eux et à se poser régulièrement pour pouvoir les examiner. Ambre, depuis le trottoir opposé, ne pouvait le remarquer et Matt décida de ne pas la distraire avec ça, bien qu’il trouvât ce comportement pour le moins étrange. Après quelques bonds supplémentaires, l’oiseau décida qu’il en avait assez vu et s’envola pour disparaître dans un trou entre les lianes du filet naturel qui surplombait leurs têtes.

Matt repéra alors ce qui avait été une épicerie et il appela Ambre d’un petit sifflement. Ils durent forcer la porte pour arracher la mousse qui s’était amassée derrière. L’intérieur était encore plus obscur que les rues recouvertes de leur perruque végétale. Une odeur pénétrante d’humidité flottait dans la boutique. Ils attendirent que leurs yeux s’habituent à la pénombre et sillonnèrent les rayons encore pleins de marchandises.

— Parfait, décréta Ambre, on prend des boîtes de conserve, des pâtes, et même des biscuits qui sont largement mangeables.

Ils remplirent les deux sacs à dos au maximum, des sacs de randonnée, solides et volumineux, prêts à accueillir vingt kilos de matériel. Ambre chargea le sein de beaucoup de boîtes en carton pour pouvoir le porter et Matt prit ce qui était lourd.

Il commençait à appréhender le temps comme les autres Pans ; avec la rareté des montres mécaniques, la plupart n’avaient plus l’heure et ils s’étaient habitués à la deviner en fonction du moment de la journée. Plus sensibles, ils parvenaient à sentir le temps écoulé. Matt soupesa son sac et dit :

— Il est sacrément lourd et on est bien en avance sur le planning. Je propose qu’on le laisse là pour explorer un peu les environs, on viendra reprendre notre équipement avant de rejoindre tout le monde, ça te dit ?

— Oui, mais tu es sûr que tu pourras porter tout ça ?

— On va essayer.

Il devait peser pas loin de son poids maximum. Au prix d’un violent effort Matt parvint à le hisser et à enfiler les bretelles.

— Tu vas tenir tout le trajet du retour ? s’inquiéta Ambre.

— Faudra bien.

Il relâcha le paquet et ils s’empressèrent de retourner à l’air frais.

— Vous ne prenez pas d’outils ou d’équipement comme des casseroles ? voulut savoir Matt en marchant.

— On a déjà ce qu’il faut dans les manoirs. Comme plus personne ne vit dans les environs, les villes restent pour nous d’inépuisables entrepôts, on n’est pas pressés.

— Bientôt, des dizaines d’aliments auront disparu, on ne pourra plus les trouver. Dans quelques mois les dates de péremption seront largement dépassées.

— C’est pour ça qu’on essaye de se mettre à l’agriculture. On apprend, on se prépare pour l’avenir, lorsqu’il faudra produire nous-mêmes ce dont nous aurons besoin.

— Et d’où vous apprenez ?

— Dans le Livre des Espoirs.

Matt fronça les sourcils.

— Jamais entendu parler, qu’est-ce que c’est ?

— C’est Doug qui l’a. Un livre dans lequel on explique comment cultiver telles céréales, comment faire du sucre, comment récolter l’eau de pluie et la filtrer pour la rendre potable, autant de choses vitales pour notre survie à moyen terme.

— Ça va devenir un livre sacré ce truc ! plaisanta Matt.

Ambre le fixa sans sourire.

— C’est déjà le cas, Matt. Sans cet ouvrage, nous serions condamnés à mourir à petit feu. C’est pour ça que nous l’appelons le Livre des Espoirs.

— Sachant que c’est Doug qui l’a, il faut être méfiant des conseils qu’il peut donner !

— Jusqu’à présent il nous a toujours aidés. J’imagine que ça doit faire partie de son plan : se rendre omniprésent, indispensable. Pour mieux nous détruire ensuite.

— Quand j’y pense, je ne comprends pas ce qui le motive. Pourquoi vouloir notre perte ? Il est le personnage central de l’île, il est parvenu à s’imposer naturellement et personne ne remet son autorité en question ! Que peut-il vouloir de plus ?

— Je ne sais pas.

Ils débouchèrent sur une vaste place, où le toit de lianes qui recouvrait les rues depuis le sommet des immeubles était nettement plus clairsemé ; le soleil perçait par de gros trous et ses rayons dessinaient des mares d’or sur la mousse. Une fontaine décorait le centre de l’esplanade, et à la grande surprise des deux adolescents l’eau y coulait encore. De longues marches conduisaient à l’entrée de ce qui avait dû être un palais de justice : un énorme bâtiment encadré de colonnes et surplombé d’un fronton triangulaire.

Ambre et Matt s’assirent sur la margelle mousseuse de la fontaine et burent de son eau claire. Ambre s’aspergea le visage et contempla la perspective imposante que leur offraient la place et le long boulevard par lequel ils étaient arrivés.

— Six mois déjà et je ne parviens toujours pas à m’habituer à ce paysage. Ces villes vides, rendues à une nature agressive. Personne nulle part. À peine une poignée d’enfants répandus ici et là, dans des villages devenus forteresses pour se protéger.

Matt la couvait du regard. Les gouttes d’eau se confondaient avec les taches de rousseur sur sa peau rose. Un fin duvet blond recouvrait ses traits, comme sur une feuille de menthe, une feuille à l’odeur capiteuse, songea Matt en repensant à son parfum. Elle était vraiment belle. Il eut soudain l’irrépressible envie de la serrer dans ses bras. Au milieu de cette solitude, face aux incertitudes de leur avenir, Ambre incarnait la chaleur de l’espoir, de la vie. Une envie de partage que Matt voulait goûter pleinement.

Une voix le sortit de son désir :

« … ce voyage. »

Matt se redressa : l’intonation était ferme, grave, les mots froissés par des cordes vocales usées. Ce n’était pas un Pan qui parlait mais un homme. Un adulte à la voix éraillée.

Des cliquetis métalliques et des pas lourds, étouffés par le tapis végétal, se rapprochaient.

Des Cyniks.

Autre-monde 1 - L'Alliance des Trois
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